mardi 17 février 2009

LES BONNETS ROUGES Collectif de lutte rennais contre la répression politique et sociale

Collectif de lutte rennais contre la répression politique et sociale

Les temps sont durs. Devant ce constat, les gestes de révoltes individuels et collectifs s’intensifient. Et la contre offensive de l’Etat devient de plus en plus violente et susceptible de s’abattre sur chacun d’entre nous. Elle s’accompagne d’opérations médiatiques ayant pour but d’installer dans la tête des gens que cette répression est normale et nécessaire, et de faire en sorte que le mot « terroriste » remplace celui de « révolté ».

Les cas de répression politique deviennent monnaie courante ces dernières années, à Rennes comme ailleurs : des émeutiers de novembre 2005 condamnés à des peines exemplaires dans l’indifférence générale, des émeutiers du CPE jugés en comparution immédiate sans aucun soutien juridique, des syndicalistes étudiants inquiétés à Rennes sous la pression d’enseignants anti-bloqueurs lors des grèves anti CPE, l’acharnement judiciaire et politique contre les ex membres de brigades rouges (Marina Petrella, Cesare Battisti) envers qui la France s’était solennellement engager à ne pas les extrader vers l’Italie...

Des faucheurs anti OGM condamnés à des peines de prison ferme, des syndicalistes enseignants de Saint Malo poursuivis devant la justice pour avoir déployer une banderole sur leur école, deux personnes qui ont écopés de 5 mois de prisons dans le cadre d’une procédure anti terroriste parce qu’ils se rendaient devant le Centre de rétention administratif de Vincennes avec des fumigènes et des crèves pneus...

Le collectif de soutien aux personnes sans papiers de Rennes traîné devant la justice pour « outrage au ministère de l’intérieur » pour avoir oser dénoncer les conditions d’arrestation et de détention des sans papiers en France, des personnes poursuivis et condamnés à de lourdes amendes pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN lors d’arrestations policières...

Le maintien en détention de Georges Ibrahim Abdallah (militant communiste libanais détenu en France depuis 24 ans), Georges Cipriani (militant révolutionnaire d’Action Directe incarcéré depuis plus de 20 ans) et Régis Schleicher dans le cadre de la rétention de sûreté, des syndicalistes kanaks de l’USTKE en grève depuis des mois contre Véolia et arrêtés lors d’affrontements avec la police sur des piquets de grève et condamnés à des peines de prison ferme...

Des militants indépendantistes bretons victimes d’un acharnement judiciaire sans nom dans l’affaire de Quévert pour laquelle ils pourtant été disculpés, la remise en détention de Jean Marc Rouillan pour avoir oser s’exprimer publiquement en affirmant le point de vue politique suivant : «la lutte armée à un moment donné du processus révolutionnaire est nécessaire»...

Des syndicalistes de la Barre Thomas à Rennes licenciés dans l’impunité sous couvert de «plan social», les neufs présumés saboteurs de Tarnac arrêtés sans preuves et accusés de terrorisme pour de simples actes de sabotages économiques comme le mouvement ouvrier en a toujours pratiqués...

Une personne poursuivie à Angers pour avoir hébergé des personnes sans papiers...

La liste n’est pas exhaustive mais elle prouve que la répression n’est pas un fantasme de «gauchistes» mais belle et bien une réalité, ici comme ailleurs.

Face à cet état de fait il ne faut ni s’apitoyer sur son sort, ni se résigner, ni se contenter de dénoncer verbalement cette situation d’injustice. Il devient urgent d’agir, d’organiser la solidarité effective et de fédérer les forces de tous ceux qui refusent ce retour musclé et décomplexé de la répression politique de l’état français.

En effet, soutenir des sans papiers, participer à des manifs, s’opposer à des contrôles de police arbitraires, exprimer son opposition virulente à la politique de Sarkozy, faire grève et bloquer son lieu de travail ou d’étude, sont toutes des situation où l’on se retrouvera inévitablement confronté à la police et la justice, et qui donc, nécessitent un soutien.

De ce point de vue, la question n’est pas de savoir si la répression s’abat sur des personnes coupables ou innocentes, mais de prendre acte que toute lutte politique s’y trouvera confrontée.

Il s’agit ainsi de ne pas tomber dans le piège du pouvoir, le classique « diviser pour mieux régner ». Pour cela il est nécessaire d’allier les différences forces de luttes sur Rennes et ses environs pour que personne ne reste isolé face aux instituions policières et judiciaires.

Il est également important d’affirmer que nous entendons inscrire ce combat contre la répression politique en complémentarité de toutes nos autres luttes. C’est pourquoi nous envisageons également d’organiser la solidarité concrète avec des personnes inquiétés pour des actes de rébellion individuelle ayant une intensité politique (contestant l’ordre social actuel).

Nous avons donc décider la création d’un collectif rennais de solidarité contre la répression politique. Le collectif décidera pour chaque cas si il accepte ou non de fournir son aide. Ce collectif d’individus se fixe 4 objectifs :

1.Rendre visible les cas de répression politique sur Rennes et ses environs , grâce à l’organisation de rassemblements, de concerts de soutien et par la production de textes.

2.Diffuser un guide de défense juridique lors des manifs, rassemblements, actions, grèves, pour que personne ne reste impuissant face à la complexité des procédures judiciaires et policières.

3.Constituer une caisse de solidarité pour soutenir financièrement les personnes en prise avec la justice, et une liste d’avocats acceptant l’aide juridictionnelle et élaborant des lignes de défense avec les prévenus sans mettre en cause d’autres personnes.

4.Organiser des actions ou des meetings de soutien pour dénoncer la répression politique qui frappe d’autres camarades dans l’hexagone ou à l’étranger.

RENNES/ROAZHON — Appel interprofessionnel de Rennes II en 10 points.

Depuis plusieurs semaines en Guadeloupe et maintenant en Martinique, une grève générale s'est construite sur le refus de « l'exploitation outrancière ». Il s'agit d'une réponse populaire à l'offensive capitaliste menée sous le prétexte commode de la nouvelle crise. En métropole, une journée d'action interprofessionnelle a réuni le 29 janvier 2 à 3 millions de personnes démontrant qu'il existait également ici dans la population un refus réel et diffus de payer les effets de la logique meurtrière du capitalisme.

Néanmoins, cette journée a aussi fait état du manque de combativité des grandes structures syndicales, lesquelles s'interdisent d'aller au-delà du principe d'une journée d'action tous les trois ou six mois. Chacun sait pourtant que cette stratégie n'a aucune chance de réussir. Si nous nous ne donnons pas les moyens d'ouvrir des espaces de luttes indépendantes des directions syndicales, l'attente considérable traversant tous les « secteurs », les composantes de la société risquent d'être déçue et de conduire au découragement et à une résignation durable. A notre sens, face à la barbarie capitaliste dont le gouvernement Sarkozy est le nom et dans la situation de passivité des confédérations syndicales, il ne suffira pas de s'en tenir aux réflexes d'organisation en corps de métier mais il est nécessaire de construire sans attendre des formes de liaison entre tous ceux qui veulent lutter contre cette politique.

Pour ce faire, nous proposons d'aller à la rencontre des salariés, des chômeurs, des paysans, des jeunes scolarisés,… d'organiser des assemblées générales et des actions communes (par exemple des actions de blocage économique) et d'élaborer avec eux des revendications qui puissent être portées en commun. Nous insistons sur le fait que ces démarches doivent, selon nous, être ouvertes à tous (syndiqués ou non) et égalitaires. Faisant exister par là une autre idée du pouvoir du peuple que celle qui voudrait l'identifier au maintien de l'ordre public et à la pérennité du pouvoir des riches et des propriétaires : celle de la compétence égale de tous et de chacun à décider du cours des choses. Nous avons commencé à concevoir des revendications sur 10 thèmes, nous soulignons qu'elles n'ont de valeur qu'indicatives. L'ordre d'apparition des thèmes ne définissant aucune hiérarchie d'importance.

Point 0 : Casse-toi, pauvre-con ! Démission de Sarkozy ;

1. Éducation : Enseignement gratuit, laïque et ouvert à tous. Refus de l'évaluation et de la professionnalisation. Soutien matériel et financier aux écoles des langues minoritaires (Diwan, etc.) ;

2. Sans-papiers : Régularisation de tous les sans-papiers vivant en France et qui en font la demande. Arrêt des rafles. Fermeture des Centres de Rétention Administrative. Liberté de circulation et d'installation ;

3. Chômeurs : Arrêt de la mise au travail forcé des chômeurs (fin des radiations, des sanctions, du suivi mensuel obligatoire). Abandon du Revenu de Solidarité Active. Un revenu inconditionnel pour toute personne sans emploi à partir de 18 ans ;

4. Écologie : Plan de démantèlement des centrales nucléaires et des lignes THT. Interdiction du brevetage du vivant (OGM, cellules souches…). Réorganisation de l'industrie selon des impératifs environnementaux sous le contrôle des travailleurs et de la population locale. Autonomie alimentaire locale à partir du développement de l'agriculture paysanne ;

5. Logement : Réquisition des logements vides pour les sans-logis. Baisse des loyers. Construction de logements sociaux ;

6. Transports : Gratuité des transports en commun Abandon des grands projets (aéroports, ligne à grande vitesse, etc.). Développement des réseaux de transports locaux (Ter, bus, etc.) ;

7. Salaires et emplois : Interdiction de tous les licenciements. Réaffirmation et baisse de la durée légale et maximale du travail à 32 heures hebdomadaire. Augmentation de 500 euros du smic et indexation sur les prix. Pas de salaire au dessus de 3 x le smic. 37,5 années de cotisations pour tous. Égalité des salaires et des conditions de travail entre hommes et femmes. Fin du travail précaire et du temps partiel subi ;

8. Justice et police : Abolitions des lois sécuritaires et anti-terroristes. Dissolution des Brigades Anti-Criminalité et des ERIS. Interdiction de l'usage des flashs-ball et tasers pour la police. Libération de tous les prisonniers politiques ;

9. Santé : Gratuité totale des soins médicaux. Dissolution des Agences Régionales Hospitalières. Extension du service public à l'ensemble des acteurs de la santé. Indépendance des hôpitaux, de la recherche médicale vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques ;

10. Anti-impérialisme : Retrait des troupes françaises du Liban, d'Afrique, d'Irak et d'Afghanistan. Droit à l'autodétermination des peuples sous domination française. Réduction drastique des dépenses militaires. Maintien de la France hors de l'OTAN.


Voté par l'Assemblée Générale de Rennes II-Villejean, le 3 février 2009

Nous voulons infliger un véritable Stalingrad politique à ceux qui veulent livrer notre ville aux riches.


NON A UN CENTRE DES CONGRES AU COUVENT DES JACOBINS

OUI A UN CENTRE VILLE VIVANT ET POPULAIRE


Ainsi donc la municipalité de Rennes envisage d’ouvrir un centre des congrès au couvent des jacobins (situé entre la rue d’échange, la place Sainte Anne et la rue de Saint Malo). Ce projet, prévu à l’horizon 2014, tout comme la fin de la ligne TGV à grande vitesse (mettant Rennes à 1h30 de Paris) s’inscrit dans la volonté de la mairie de développer le tourisme d’affaire sur Rennes. Daniel Delaveau justifie la création de ce centre des congrès par deux arguments : premièrement, le choix du projet est justifié par un argument économique en affirmant qu’un touriste d’affaire dépense entre 3 et 4 fois plus qu’un touriste ordinaire et qu’un important vivier existe sur ce très lucratif marché du tourisme d’affaire. Dans cette perspective d’attirer les « hommes en attachés caisse » la mairie souhaite construire deux hôtels 4 étoiles, dont un, avenue janvier. Le deuxième argument avancé par le maire de Rennes concerne le choix du lieu, celui-ci est uniquement marketing : le marché des centres des congrès étant extrêmement concurrentiel (il en existe plus de 100 en France dont un à Nantes et un à Saint Malo) il est important de se différencier des autres sites d’où le choix d’un lieu patrimonial tel que le couvent des jacobins.


Le moins que l’on puisse dire est que cette initiative ne fait pas l’unanimité. En effet, les habitants du quartier, et de nombreux rennais (dont nous sommes) s’insurgent contre ce projet et l’ont fait savoir. Les critiques s’accumulent :

· Encore un équipement éventuellement financé par de nombreux habitants de l’agglomération dont seul Rennes bénéficierait (et encore les rennais cadres sups et autres hommes d’affaires).

· Pour rendre un tant soit peu accessible le site il faudrait mettre la rue de Saint Malo en double sens (donc réduire les trottoirs) et accepter de voir s’intensifier le trafic bus autour de la place Sainte Anne et dans le secteur échange (à proximité immédiate de deux écoles et un collège). De nombreux habitants soulignent également le fait que ce projet aurait pour conséquence de saturer les parkings souterrains du centre, pourtant déjà bien surchargés.

· Encore un projet d’envergure décidé sans consultation directe de la population. Pour un parti qui prône la démocratie participative, il semble ici plutôt mené la politique du fait accompli.

· Cette opération semble s’inscrire dans un plan de rénovation du quartier visant à bouter hors du centre ville les revenus les plus modestes. L’expérience nous prouve en effet que partout où des équipements de standing s’installent (centre des congrès, hôtels, restauration de luxe), la hausse des loyers est importante et systématique.


Au-delà de ces constats que nous partageons, nous estimons que ce projet constitue une insulte à la mémoire des insurgés du faubourg de la rue haute (l’actuelle rue de Saint Malo) qui en 1675 lors de la révolte des bonnets rouges ont du quitté leurs logements qui furent rasés par les troupes royales françaises pour leur apprendre à se révolter. Faut-il également rappeler l’ironie de l’histoire qui veut qu’un ancien couvent dominicain destiné à accueillir les plus démunis se transforme en centre d’affaires pour cadres sups et autre traders.

En cette période où les plus pauvres subissent de plein fouet la crise, nous jugeons ce projet destiné aux plus riches, scandaleux et dégoûtant. Nous voulons que ce quartier garde son caractère populaire et accessible à toutes les couches de la population, et pas seulement aux hommes d’affaires qui n’ont qu’à aller se réunir ailleurs ! Nous avons intitulé notre collectif « Roazhongrad » du nom de notre ville en langue bretonne et parce que nous voulons infliger un véritable Stalingrad politique à ceux qui veulent livrer notre ville aux riches.



D’autres choix sont possibles et nécessaires en terme d’équipements collectifs, utiles à tous et pas seulement aux hommes d’affaire. C’est ce à quoi devrait répondre une municipalité se prétendant de gauche :

· Dans de nombreuses grandes villes d’Europe (Strasbourg, Bern…), il existe des centres autogérés par la jeunesse lui permettant de s’auto organiser pour mener à bien ses projets artistiques, politiques, sociaux dans un cadre non marchand et non institutionnel. Un tel projet répondrait à la saturation de lieux censés être dédiés à la jeunesse, et permettrait de favoriser l’auto organisation plutôt que la stigmatisation et la répression. Un tel lieu répondrait à un vrai besoin pour la jeunesse populaire qui fatiguée de l’exiguïté des lieux marchands et des MJC saturées, n’a aujourd’hui d’autre choix pour se rencontrer et s’organiser que des squats, les teufs teks, ou la…rue !

· Il y a une centaine d’années, le mouvement ouvrier balbutiant s’auto organisait dans le cadre d’une fédération des bourses du travail. Cela a permis au mouvement syndical de construire des forteresses ouvrières, au prolétariat de s’autoformer, d’organiser des luttes de masses pour gagner des droits, de faire vivre des lieux de convivialité et de culture non marchands. Aujourd’hui les locaux syndicaux sont devenus, soit des dortoirs pour permanents (voir la maison du peuple rue de dinan), soit des placards exigus pour les syndicats de lutte jugés non représentatifs (la mairie a « offert » 22 m2 à l’Union syndicale Solidaires). Il est temps que s’ouvre à Rennes (terre de luttes et de contestations), un espace de solidarité pour tous les travailleurs et les chômeurs. La création d’une bourse de travail permettrait ainsi à un salariat de plus en plus éclaté, atomisé, précarisé de retrouver une forme d’unité grâce à des formes de solidarités concrète (cantine, bibliothèque, université populaire, débats politiques, fêtes populaires).


Le couvent des jacobins fut occupé par l’armée française pendant de longues années, avant d’être vendu à la ville de Rennes. Il est temps de rendre ce lieu au peuple, à ceux qui, plus que jamais, ont besoin de s’organiser pour mettre en pratique de nouvelles solidarités !


Rejoignez nous !


Signez la pétition pour refuser un centre des congrès d’affaires au couvent des jacobins et pour le mettre à disposition du peuple.


Exigeons ensemble un centre de la jeunesse autogérée et une bourse du travail unitaire répondant à l’évolution du paysage syndical et associatif.


Nous organiserons des réunions-débats sur ces deux projets, vous y êtes conviés